Ratio du physique
J'étais une enfant des blocs de béton, née au milieu des barres d'immeubles grises. Mais j'ai toujours su, d'instinct, qu'il existait quelque chose de plus grand.
De totalement conscient.
Déjà petite, je sentais comment le grand cosmos extérieur venait nicher son immensité dans
le corps minuscule d'un enfant.
Je savais que le monde dépassait de loin
les murs de ma cage en béton.
Mais je savais aussi que derrière chaque vitre se cachait quelque chose d'étrange, d'effrayant, d'immense, d'inconnu.
Chaque adulte comme un monument de force et de grandeur en apparence dorlotte en réalité ses propres ombres.
Des ombres lourdes qui, inévitablement, cherchent un jour à se coller contre la vitre pour regarder dehors.
Texture lourde, Techniques mixtes
61 cm X 92 cm
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Texture Lourde, Techniques mixtes
120 cm X 87 cm
Ratio du vivant
Des fois je pouvais jurer que je faisais partie de ce grand TOUT. Il y a nous, les petits humains. Et il y a Cela. Quelque chose de plus grand qui nous relie, mais qui nous observe aussi.
Le souvenir qui appartient à l'état du vivant, pas seulement humain comme on aime le croire.
J'ai grandi un peu. Plus la fillette entourée de blocs. Une jeune femme en équilibre avec Cela et eux.
Ratio du chemin
Puis il a eu le déracinage, le chemin et l'avion.
Je ne voudrais pas dire que ce fut quelque chose de mauvais. Plutôt du nouveau, aussi effarayant que les blocs et aussi immence que Cela.
Les repères étaient à reconstruire. Ce qui est bien, ce qui est mal. Ce qui est moi et ce qui "l'autre".
Une nouvelle personnalité, des valeurs neuves sur anciennes fondations. Qui suis-je était plus pertinant que jamais.
Un langage en eternelle construction pour définir ce qui est moi. Ce qui était moi. Et ce qui sera moi.
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Phosphorescent
Texture légère, Techniques mixtes
61 cm X 91.5 cm
Ratio du choix
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Parfois cela revient comme un savoir clair.
Le moment où le chemin est déjà choisi.
Là où brûlait le feu, un œil est apparu.
Un prothèse du regard. Une manière de voir sans présence.
La fixation à la place du lien.
L’espace est devenu un continuum visqueux.
Le sens a ralenti. Le mouvement s’est alourdi.
Chaque pas a commencé à laisser une trace.
Phosphorescent
Texture légère, Techniques mixtes
121.5 cm X 61 cm
La source a été remplacée par un système.
Par la religion. Par le contrôle.
Par des formes qui organisent le regard et le dirigent.
L'humain continue à avancer en s’appuyant sur le visible.
Le prothèse guide.
Les symboles retiennent.
Les structures promettent un appui.
Le choix a eu lieu. Sans éclat.
Après cela, le silence est devenu inaccessible,
et les reflets ont commencé à se faire passer pour le réel.
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Le grand Récit sur l’Essentiel
Il arrive un moment où l’éloignement devient une forme d’apprentissage profond, où le mouvement vers l’extérieur ouvre un espace intérieur plus vaste et plus exigeant.
L’origine demeure présente dans le fond du monde, tandis que la parole se tait et laisse place à un silence chargé de sens, un silence qui marque une transition et appelle une autre manière de transmettre.
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Phosphorescent
Texture légère, Techniques mixtes
107.5 cm X 61 cm
La suite du chemin se déploie autrement, à travers l’intelligence qui apparaît comme une nécessité et qui s’installe progressivement comme une responsabilité portée consciemment.
Les outils émergent dans ce mouvement.
La science se déploie comme un langage de maintien.
L’observation affine la perception.
La mesure organise le réel.
L’ADN se révèle comme écriture du vivant, le cosmos se cartographie comme territoire commun, les systèmes deviennent lisibles et demandent une attention continue.
Tout cela œuvre à maintenir l’essentiel vivant dans un monde vaste, dense et fragile, un monde dont l’équilibre dépend désormais de la justesse des gestes et de la précision des décisions.
L’innocence laisse place à la conscience, et la conscience appelle une forme plus haute de présence.
Croire devient une étape.
Écouter devient une étape.
Comprendre, anticiper, réparer et maintenir s’imposent comme des actes liés entre eux.
Le droit de choisir signifie la capacité de porter les conséquences de chaque décision, car chaque choix engage un système, chaque erreur se propage, et chaque orientation façonne un équilibre exigeant.
Et si l’intelligence quittait peu à peu le registre du privilège pour entrer dans celui du devoir, un devoir qui relie le savoir, la vigilance et le soin, comme une manière plus dense d’habiter le monde?
Et si servir l’essentiel signifiait accepter de porter la complexité du réel, d’assumer la responsabilité de ce que l’on transforme et de reconnaître, dans le silence de la source, que toute puissance engage une dette envers ce qui nous dépasse ?






